Le secteur de la micro finance connaît un essor remarquable depuis la publication de la loi sur les COOPEC en 1992 par le Gouvernement camerounais. Depuis lors, ce paysage est en pleine évolution avec l’émergence de plusieurs établissements de micro finance (EMF) exerçant, presque tous, dans les grands centres urbains réputés plus rentables au détriment des zones rurales. Leurs clientèles se recrutent parmi les entreprises informelles, les petites et moyennes entreprises agropastorales, prestations des services et les populations marginalisées des services des banques classiques. Les secteurs d’activités dans lesquels elles évoluent sont principalement l’élevage, l’agriculture, petite unité de transformation, commerce et l’artisanat, mines ; bois, les bâtiments et travaux publics, les fournitures des services, la santé, l’éducation, et immobilier etc. . L’éclosion de ce secteur a favorisé le développement d’emplois salariés et la mobilisation de la micro épargne nationale. Près de 93% des EMF agréés au Cameroun sont déclarés ou enregistrés sous le régime d’associations ou de coopérative d’épargne et de crédit. De nombreux autres EMF sont soit des sociétés anonymes, soit des projets des ONG ou du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER) qui en assure la tutelle, soit un financement des banques commerciales. Ces associations et coopératives se regroupent au sein de l’ANEMCAM qui est l’Association Nationale des Etablissements de Microfinance du Cameroun. En dehors de l’Université Catholique de l’Afrique  Centrale (UCAC), cinq autres structures (ADAF, MIFED, PACEF, UFINA et Microfinance Academy) sont spécialisées pour la formation dans le domaine.Actuellement, la micro finance est réglementée par l’autorité monétaire camerounaise, le Ministère de l’Economie et des Finances (MINEFI). Il octroie les agréments aux établissements de micro finance, après avis conforme du département de la micro finance de la Commission Bancaire des Etats d’AfriqueCentrale (COBAC) qui est l’organe de contrôle de la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BEAC).


1.2. Historique


La Coopérative d’Epargne et de Crédit dénommée « Crédit Mutuel de Communautés d’Afrique » en abrégé CMCA est un établissement de micro finance de première catégorie en création selon la loi N°92/006 du 14/08/92 et son Décret d’Application N°92/455/PM du 23/11/92 relative aux sociétés
coopératives et aux groupements d’intérêts communs qui sera harmonisée par la suite selon les dispositions de l’Acte Uniforme d’OHADA. CMCA apporte son savoir-faire pour contribuer à la stratégie de développement des petites et moyennes entreprises/industries (PME/PMI) principalement dans l’agropastorale et du secteur agricole qui reste un outil essentiel pour un développement durable et pour la lutte contre la pauvreté tel que définie dans la stratégie nationale de développement
SND30 Bien plus, «CMCA» se veut une structure de micro finance de proximité, accessible aux petites et moyens entreprises agricoles épargnants, qui offre à ses membres une gamme de solutions sociales, financières et techniques pour améliorer leurs exploitations, accroître leur productivité et leur compétitivité et stimuler leurs investissements. Toutefois, il sied de noter que l’idée de mettre sur pied la coopérative CMCA naît de la volonté de la Groupement Inter patronal des entreprises industrielles et interprofessionnelles du Cameroun « IPE-IPCAM », avec l’accord de ses partenaires et les pouvoirs publics qui entendent relancer d’une part :
– Le secteur agricole de chaine de valeur des filières et le monde agropastorale à travers le développement des chaînes de valeurs des filières agricoles en mettant l’accent sur les normes et les
4 certifications pour une croissance substantielle de l’économie et des revenus de tous les acteurs de la chaîne.
– L’éclosion des très petites et moyennes entreprises dans tous leurs secteurs d’activités confondus à travers un programme d’incubation des TPEA, PMEA qui négocie leurs facilités d’accès aux financements et encadre leurs promoteurs en vue de l’amélioration de leur compétitivité sur le marché
national et international.
Au regard, du recensement effectué en 2019, il a été dénombré plus de 100 000 PMEA Elles constituent 94% des entreprises en activité dans le pays et emploient 70% de la population active. Les PMEA/PMEAI agropastorales ont beaucoup de difficultés à trouver auprès des différentes institutions
financières, les ressources nécessaires pour couvrir leurs dépenses d’investissement et d’exploitation courantes. Il se trouve que les banques classiques sont généralement très réservées à financer les investissements de ces PMEA/PMEI agropastorales, à cause de leurs dépôts à vue qui ne peuvent
raisonnablement pas être utilisés pour des financements à moyen et long termes.
CMCA se veut une solution aux nombreuses contraintes que rencontre cette catégorie de membres en assurant une couverture territoriale importante et leur permettant d’atteindre une autonomie financière suffisante.


1.3. Missions et objectifs


1.3.1. Missions
CMCA se développe comme un réseau de micro finance de proximité qui diversifie les produits et facilite l’accès à ses services financiers dans le but de booster la production agropastorale par filières à  l’échelle industrielle et faciliter l’éclosion des PMEA/PMEAI pour améliorer leur compétitivité et permettre
leur intégration dans les marchés à plus grande valeur ajoutée.
1.3.2. Objectifs
Devenir un outil de financement auprès des porteurs des initiatives économiques qui adapte ses produits  et services financiers pour répondre aux besoins de ses membres /clients, améliore la qualité de ses prestations en fonction de leurs besoins et mobilise l’épargne nationale.
Les objectifs spécifiques visés sont entre autres :
1. Accompagner les chaînes de valeurs des producteurs de différentes filières agropastorales ainsi que les groupements d’intérêt économique des petites et moyennes entreprises afin d’améliorer leur compétitivité sur les marchés nationaux, sous régionaux et internationaux ;
2. Diversifier et rendre accessible les services financiers aux agriculteurs organisés par filières dans les zones rurales et faciliter leur accès aux crédits à travers un programme d’accompagnement mis en œuvre à ce effet.
3. Faciliter l’éclosion des PMEA agropastorales en appuyant le financement de leurs investissement et/ou de leurs exploitations courantes à travers des instruments financiers qui réduisent les risques et un  programme de renforcement des capacités techniques, managériales, comptables et fiscales ;
4. Financer l’investissement dans les secteurs de l’industrie de transformation agropastorale et de consommation des produits agroalimentaires, des infrastructures communautaires et de l’habitat sociaux.,A cet effet, CMCA offre trois types de produits : (i) la collecte de l’épargne ; (ii) l’octroi des crédits aux
individus et aux groupes solidaires et (iii) le transfert des fonds entre les différentes localités où elle est implantée. CMCA sera donc un outil de financement auprès des porteurs d’initiatives économiques.

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1.4. Méthodes et Stratégies
1.4.1. Développement des chaînes de valeur
L’approche de la chaîne de valeur permet d’appréhender les risques et de diversifier les portefeuilles des prêts et, par conséquent, de réduire les risques systémiques menaçant la production, les prix et même les politiques. Le financement est l’un des services requis par une chaîne de valeur afin d’améliorer les compétences, favoriser, les activités, réduire les coûts de transaction et réduire les risques pour les exploitants agricoles et les autres parties prenantes. A travers le Groupement Inter patronal des interprofessionnelles, les producteurs seront regroupés par filières au sein des coopératives agricoles par bassin de production. Par ailleurs, un comité de gestion et de crédit de péréquation constitué des acteurs eux-mêmes au sein du CMCA sera autonome en terme des octroies des crédits et des financements, les techniques managériales et la gouvernance d’entreprises en offrant les services
de comptabilité et d’accomplissement des formalités fiscales de déclaration et de paiement des impôts aux PMEA/PMEAI agropastorales seront gérés par le groupement inter patronal auquel appartiendra chaque acteur selon la spécificité de ses activités .
Ilva se déployer à organiser les petites et moyennes entreprises/industrie agropastorales par secteurs d’activités au sein des groupements d’intérêt économique afin de les intégrer dans la chaîne de valeur. Bien plus, il jouera le rôle d’incubateur des PMEA visant à inciter les opérateurs du secteur informel et agropastoral à s’immatriculer auprès de l’administration fiscale. Pour y parvenir, l’introduction des normes de qualité, de sécurité et la certification du respect des conditions normatives minimales sont des exigences de la concurrence au niveau des segments de marché d’exportation et celui de la consommation. Ces chaînes de valeur seront facilitées et gérées par les services de développement institutionnel et des relations commerciales assurés par le groupement inter patronal, les services de développement économique, de garantie des risques et de relations de vente assurés par celui-ci, et les services d’épargne et de crédit assurés par la coopérative CMCA. La réussite de ce triangle de services tel que présenté dans la figure ci-dessous conditionnera la duplication de ce modèle vers d’autres pays de la zone CEMAC.